À Metz et dans le Grand Est, la plupart des PME ont un site internet.
Beaucoup l’ont fait refaire il y a deux ou trois ans. Le site existe, il est en ligne, il a coûté quelque chose. Et pourtant, en ouvrant GA4 - quand il y en a un - les mêmes chiffres reviennent : des centaines de sessions, quelques contacts par mois, aucun suivi de ce qui fonctionne vraiment.
Ce que j’observe
En auditant des sites de PME locales dans la région - artisans, professions libérales, services aux entreprises - un schéma revient assez régulièrement. Le site a été construit pour exister, pas pour convertir.
L’objectif implicite lors de la création était : avoir une présence en ligne, afficher les coordonnées, montrer quelques photos. L’objectif rarement exprimé lors du brief : qu’un visiteur qui arrive sans contexte comprenne en quelques secondes ce que fait l’entreprise et soit incité à contacter.
Ces deux objectifs produisent des sites très différents.
Le pattern qui me dérange
Ce qui me frappe dans ces audits, c’est que le problème n’est pas technique. La plupart des sites chargent correctement, ils sont lisibles sur mobile, ils ont les pages attendues.
Le problème, il me semble, est dans la logique de l’information. Le contenu est organisé du point de vue de l’entreprise - ce qu’elle fait, qui elle est, depuis combien de temps elle existe - plutôt que du point de vue du visiteur qui cherche une réponse à un problème précis.
Il me semble que c’est cet écart qui explique la majorité des faibles taux de contact, indépendamment du volume de trafic.
La tension
Ce que je n’arrive pas complètement à résoudre : est-ce que cette situation vient du brief que les PME donnent aux agences, ou de la façon dont les agences locales conçoivent leurs livrables ?
Les deux semblent impliqués. Une PME qui brieffe sur le design et les couleurs ne demande pas explicitement une logique de conversion. Une agence qui optimise son processus de production livre un site standard rapidement.
Résultat : des sites visuellement acceptables, construits dans les règles, qui ne font pas vraiment ce qu’on attend d’eux commercialement.
Ce que ça implique
Ce qui est difficile à cerner, c’est qu’on ne peut pas toujours savoir de l’extérieur si le brief de départ contenait ou non cette réflexion sur le visiteur. Dans les cas où les résultats étaient différents - des sites PME qui généraient réellement des contacts - ce n’était pas toujours les plus travaillés visuellement. Il me semble que ce qui changeait, c’était une certaine clarté dans la page d’accueil sur ce que l’entreprise faisait exactement et pour qui. Mais je n’en tire pas de loi générale.
Ce que je cherche à comprendre maintenant : est-ce que les PME qui font refaire leur site à Metz ou à Thionville changent réellement leur façon de briefer les agences avec l’expérience, ou est-ce qu’elles reproduisent le même brief à chaque fois ?
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